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Au sujet du financement du terrorisme









Le terrorisme est un sujet sérieux et complexe. Je me suis plongé davantage dans l'observation de son financement et j'ai voulu déterminer également quelle(s) mesure(s) ont été mises en place à l’échelle internationale pour contrer ses effets.


Combattre le terrorisme, c’est avant tout dévoiler ses sources de financement. Mais cela signifie aussi collecter et diffuser des informations sur ces groupes terroristes, leurs déplacements, actions et leurs réseaux financiers pour avoir plus d’informations sur leurs modes opératoires. Les actions et décisions des autorités nationales et internationales pour la reconnaissance de ces flux constituent un enjeux majeur pour notre société.


Les principales ressources de l'organisation terroriste Daech proviennent des revenus illégaux générés par l'occupation du territoire. Ces sources comprennent :

  • le vol de banque et le chantage,

  • la gestion des gisements pétroliers et des raffineries,

  • le soutien aux donateurs qui abusent des organisations caritatives,

  • les demandes de rançon liées aux enlèvements,

  • et le transport physique de capitaux.

Pour finir, il y a encore la taxation des biens et des fonds transportés à travers les zones contrôlées par les organisations terroristes.


Le besoin de grosses sommes d'argent pour mener à bien les missions de Daech crée des vulnérabilités dans la structure de cette organisation terroriste. Les spécialistes pensent que les revenus illégaux associés à l’occupation de zone, tels que le vol et le chantage ne seront pas durables à long terme. Les entreprises finiront par partir et la population à migrer. De plus, les guerres incessantes dans ces territoires renforce cette idée d' éphémérité.




Quelles actions ?


Les attentats de janvier et novembre 2015 en France montrent la nécessité d'une action nationale et internationale contre le financement du terrorisme.


Les mesures contre le financement du terrorisme augmentent régulièrement en nombre, en portée et en géographie. Non seulement grâce à des organisations telles que le GAFI.

Le Groupe d’action financière ou Financial Action Action Task Force (GAFI) est un organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme), les Nations unies et l'UE, mais aussi grâce à d'autres initiatives, notamment à l’échelle nationale.Parmi ses actions, une liste de terroristes présumés a été créée et distribuée. Les personnes identifiées ont vu leurs biens confisqués.



Ces développements ont été accompagnés de nombreuses controverses. En particulier sur le processus d'inscription des suspects et de retrait de leurs noms de la liste (s'ils n'ont pas été poursuivis).


Dans certains cas, le processus de radiation n'est tout simplement pas très clair, car il n'existe aucun moyen légal de déterminer le sort d'un suspect destiné à être inclus dans une telle liste.

Cela signifie que la procédure pénale n'est bien souvent pas engagée et qu'aucune condamnation pénale n'est prononcée contre cette personne. De même, il n'existe aucun moyen de prouver la culpabilité ou l'innocence de ces suspects.



Quelles outils d'analyse ?



Cependant, il est difficile de répondre aux questions sur le financement du terrorisme en raison du manque de collecte et d'analyse d'informations au niveau nationales et internationales. Cette question a conduit à un appel collectif des différentes instances à l’échelle mondiale pour mettre en place une telle base de données.


Les médias et autres histoires véhiculent souvent des idées non fondées, sensationnelles ou biaisées. Les informations ne sont pas toujours correctement interprétées ce qui entraîne des erreurs dans l'identification de ces terroristes financés. La Hongrie, par exemple, a signalé qu'un de ses habitants avait été banni, mais l'affaire a ensuite été jugée non fondée…


Un rapport américain pointe l'existence d'un "programme de traque du financement du terrorisme" visant à identifier et détruire les réseaux de terroristes. Mais là encore, la justice ne collecte ni n'analyse systématiquement les données recueillies sur les méthodes et les formes de financement du terrorisme. Par conséquent, il n'y a pas d'informations sur le nombre de cas de financement du terrorisme découverts, ni sur les réseaux de financement, y compris les réseaux non occidentaux.

De ce fait, les régulateurs ne sont pas en mesure de fournir une analyse complète et systématique des tendances et des schémas de financement du terrorisme, ce qui nuit à l'évaluation des risques et aux efforts.



Un système opaque


Il est également important de noter qu'il n'existe aujourd'hui aucune connaissance systématique et robuste de la manière dont les différents pays luttent contre le financement du terrorisme et de leur efficacité. Comment changent leurs tactiques en fonction des méthodes utilisées par les groupes terroristes ? De leurs besoins ? Des mesures de financement ?

En d'autres termes, il nous faudrait plus de documentation sur la nature du financement du terrorisme et sur la façon dont les pays et les régions y travaillent. Cela permettrait de mieux guider le secteur des entreprises privées et aussi de renforcer nos contrôles sociaux et juridiques face à ce problème.



Par Jules DUMOUCHEL



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