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La Coupe du Monde au Qatar : une attribution embarrassante pour l’écosystème du football ?




Le 2 décembre 2010, le Qatar est officiellement désigné comme pays hôte de la coupe du monde 2022 à la suite d’un vote en quatre tours l’opposant aux États-Unis, à la Corée du Sud, à l’Australie et au Japon. Il s’agit alors de sa première désignation pour organiser la plus prestigieuse des compétitions de football au monde. À ce moment-là, le pays ne contient aucune infrastructure pouvant accueillir l’événement. En effet, basé principalement sur une économie d’exportation de pétrole, le Qatar n’a jamais été lié au monde du football jusqu’à la fin des années 2000. De ce fait, comment expliquer un intérêt soudain de la part des votants pour ce pays sachant que les autres nations prétendantes étaient davantage liées au football ?


Depuis les années 80, certains États du Golfe, dont le Qatar, sont en pleine croissance économique, grâce aux ressources énergétiques dont ils bénéficient. Ces ressources n’étant pas infinies, il est nécessaire pour ces Etats de se développer dans d’autres secteurs afin de garantir leur croissance et leur prospérité dans la durée. C’est ainsi qu’ils ont commencé à investir massivement dans la sphère du football, à travers des clubs (PSG), des chaînes de télévision (BeIN Sports), mais aussi en organisant des événements majeurs comme la Coupe du Monde de Football qui a lieu tous les quatre ans. Après un vote très controversé, en raison de suspicions de corruption de certains membres de la FIFA, le Qatar devient l’hôte de la compétition qui doit avoir lieu en théorie en juin/juillet 2022. Assez rapidement, les organisateurs doivent prendre en considération plusieurs éléments qui semblent nuire à un bon déroulement de cette compétition.


Le premier problème auquel fait face le Qatar est le manque d’infrastructure. En effet, il ne possède aucun stade aux normes de la FIFA pouvant accueillir les matchs de la compétition. Mais également, il manque d’hôtels, de parkings, de lieux de vie et de transport : tout est à construire lors des douze prochaines années. Le second problème est le climat. L’été est très chaud et les températures de 50 °C sont très récurrentes. Il est donc inconcevable pour des athlètes de jouer dans de telles conditions. Dès lors, le Qatar prend la mesure de construire des stades avec climatisation. Cette mesure semble être un calvaire pour l’environnement. Si le Qatar a les moyens de financer une telle absurdité, la FIFA trouve une alternative pour remédier à ce problème : déplacer le calendrier estival usuel en plein hiver afin d’avoir des températures plus fraîches et soutenables pour les joueurs. Le troisième problème est le manque de main d'œuvre, car c’est un pays faiblement peuplé avec très peu d’ouvriers. Selon les différentes enquêtes menées, plus de 6000 travailleurs ouvriers seraient décédés sur les chantiers de la coupe du monde.


Tant d’éléments qui font réfléchir sur la pertinence de l’attribution de cette compétition au Qatar. Comment en sommes-nous arrivés là ? La réponse serait simple : l’argent et le pouvoir. Le 23 novembre 2010, un déjeuner est organisé à l'Élysée en compagnie de Nicolas Sarkozy, président de la République, Michel Platini, président de l’UEFA et l’émir du Qatar. Un accord fut passé par ces trois personnes : si le Qatar se voyait attribuer la coupe du monde, alors il rachèterait le PSG et il financerait l’armée française en Libye (à ce moment-là, la France n’est pas en guerre contre la Libye). Les dirigeants acceptent, Platini votera en faveur du Qatar et recevra au passage 2 millions d’euros, Sarkozy déclarera la guerre à la Libye et recevra 15 millions d’euros. En somme, cette attribution est une vaste affaire de corruption et seul Platini sera arrêté par la suite.


Dès lors, il est normal de se demander quelle direction va prendre le football dans les prochaines années. Si l’improbable devient réalisable avec de l’argent, quelle folie pourrait se produire ? L’argent a cassé la tradition de la coupe du monde en été, et l’idée d’une coupe du monde tous les deux a déjà été évoquée. Les spectateurs de ce sport, qui sont de simples consommateurs rappelons-le, se disent certainement que si les joueurs se révoltaient, tout cela n’aurait pas lieu. Cependant, qui refuserait de jouer une coupe du monde ? Qui risquerait des salaires ou des contrats publicitaires à plusieurs millions ? De même, qui s’empêcherait de regarder son sport favori ? Tant de questions qui ne devaient pas être posées, car nous parlons ici d’un sport. Personnellement, étant un grand passionné de ce sport, je trouve la situation embarrassante et dans un monde juste, cette situation doit être évitée à tout prix.

Peki POMA

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